Dys
17 Déc 2018

[Dys-Tribu] Vous avez dit troubles d’apprentissages ?

Les troubles d’apprentissage ont tous en commun que l’enfant fournit une quantité d’effort inversement proportionnelle aux résultats qu’il obtient.

Ces troubles neuro-développementaux peuvent se caractériser sous différentes formes et perturber différentes sphères d’apprentissages.

Quand on entend parler de «troubles d’apprentissage» ont parle généralement des «dys».

En grec, le préfixe « dys » signifie « c’est difficile », alors qu’en médecine ça se traduit par « dysfonctionnement », « difficulté à acquérir une fonction ».

Les troubles «dys» sont des troubles neuro-développementaux comme définis par le DSM V (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.)

Les troubles neuro-développementaux sont un groupe de conditions apparaissant lors de la période de développement de la personne. Ils se manifestent généralement lors de la petite enfance et avant l’entrée à l’école.

Ils se caractérisent par un retard de développement qui affecte le fonctionnement de la personne tant sur le plan personnel, social, académique et professionnel. Ils ne sont pas consécutifs à une déficience mentale, ni à une déficience sensorielle, ni à un traumatisme psychologique, ils ne sont pas non plus liés au milieu socio-culturel.

Quels sont ces troubles neuro-développementaux ?

DYSCALCULIE :

Troubles de l’acquisition des apprentissages numériques

Les enfants qui souffrent de ce trouble ont du mal à traiter les nombres (reconnaitre et produire les chiffres, passer de l’oral à l’écrit, etc.), à mémoriser les tables (addition, soustraction, multiplication et division), à calculer (difficultés à effectuer de simples opérations qu’ils peuvent confondre les unes avec les autres) et à comprendre ce qu’est un nombre (comprendre le lien entre le symbole et la quantité).

Cette incapacité de l’enfant à estimer les quantités, donner du sens aux nombres, etc. risque d’entraîner un échec dans toutes les activités numériques. Il les manipule « au hasard », ne pouvant comprendre ce que l’on attend de lui.

  • Prévalence : entre 3 et 7%

DYSLEXIE :

Troubles de l’acquisition du langage écrit

La dyslexie est un trouble spécifique d’apprentissage de la lecture et se définit comme étant la difficulté d’assembler les lettres pour en former des mots puis des phrases comprises.

Selon l’intensité des troubles, on parlera de dyslexie légère, moyenne ou sévère.

  • Prévalence : entre 5 et 8% autant les filles que les garçons.

DYSORTHOGRAPHIE :

Troubles de l’acquisition de l’expression écrite

La dysorthographie recouvre les troubles spécifiques et durables de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. Elle est majoritairement secondaire à une dyslexie.

Les erreurs recensées sont liées à un manque de maîtrise du système de correspondance phonème/graphème (voie d’assemblage) et/ou des règles d’orthographe d’usage (voie d’adressage) et/ou de l’orthographe grammaticale.

  • Prévalence : difficile à estimer, la dysorthographie est presque exclusivement étudiée en lien avec la dyslexie. La prévalence la plus probable est celle de la dyslexie (3 à 10%)

DYSPHASIE :

Troubles du développement du langage oral

La dysphasie peut être plus ou moins sévère et se présenter sous des formes diverses : parole déformée, mots isolés, style télégraphique, structures de phrases inadaptées, manque du mot, difficultés à construire et à organiser son discours, troubles de la compréhension.

Plusieurs classifications de la dysphasie ont été réalisées, bien que chaque enfant dysphasique présente son profil particulier, selon l’importance du trouble au niveau de la programmation phonologique (production des sons), lexicale (acquisition et utilisation du vocabulaire), syntaxique (construction de phrases) ou de la compréhension.

Une dyspraxie verbale peut y être associée.

  • Prévalence : 2%

DYSPRAXIE :

Troubles de l’automatisation de la coordination

La dyspraxie est une altération de la capacité de planifier et d’exécuter un ensemble de mouvements coordonnés vers un but.

Puisque que l’action n’est pas automatisée, l’enfant reste en phase « d’apprentissage », et nécessite une attention constante. Il sait ce qu’il faut faire mais pas comment le faire. Les répercussions sont en général sévères dans la vie quotidienne (habillage, repas…). Il s’agit d’un enfant très maladroit, lent, contrastant avec de bonnes compétences langagières.

La dyspraxie entraîne systématiquement une dysgraphie : trouble de l’acquisition et de l’automatisation de l’écriture manuscrite.

Elle peut entraîner une dyscalculie spatiale : difficultés d’alignement des chiffres lors des opérations posées.

  • Prévalence : entre 1 et 5% avec un sex-ratio très défavorable aux garçons, 2 à 5 fois plus atteints.

DYSGRAPHIE :

Troubles de l’acquisition de la transcription

La dysgraphie est un trouble persistant du geste graphique retentissant de manière importante sur l’aspect formel de l’écriture.

La dysgraphie retentit sur la forme des lettres, leurs liaisons, leur tracé et/ou la mise en page.

Prévalence :  entre 5 et 8%

TDAH :

Le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un problème neurologique qui apparaît durant l’enfance. Ce trouble est lié à des anomalies de développement et de fonctionnement du cerveau. Dans la majorité des cas, il y a une composante héréditaire. Le TDAH n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou par des problèmes psychosociaux, même s’il peut être exacerbé par ces facteurs. Les personnes souffrant d’un TDAH ont des difficultés d’attention et/ou d’impulsivité et d’hyperactivité qui affectent différentes sphères de leur vie (sociale, scolaire et professionnelle).

  • Prévalence : entre 5 et 9 %

Ces troubles neuro-développementaux ont tous des points communs:

Trop souvent, quel que soit le trouble, l’enfant fournit une quantité d’effort inversement proportionnelle aux résultats qu’il obtient. Cela peut dégrader la perception qu’il a de lui-même et entrainer une perte de confiance en soi.

Cette atteinte du développement de soi peut engendrer diverses conséquences et notamment au niveau comportemental.

 

Un enfant difficile, trop discret, trop dissipé ou autre, peut en réalité cacher un enfant en difficulté.

C’est grâce à l’observation fine de l’élève que l’enseignant pourra déceler les signes d’appels, qu’il pourra tenter de comprendre.

En cas de doute, il est important de pouvoir orienter la famille vers des professionnels afin de poser un diagnostic précis.

Mieux comprendre le besoin spécifique de l’enfant permettra de trouver plus facilement des aménagements à réaliser en classe.

 

S'abonner à notre newsletter

Recevez gratuitement les dernières actualités de l'enseignement dans votre boîte mail.