Minecraft et Bloxels ou Comment intégrer les jeux vidéos dans les apprentissages ?

Le jeu vidéo devient peu à peu un objet d’étude scientifique légitime. Il y a aujourd’hui, pour prendre un exemple presque au hasard, plus d’écrits et de recherches sur ce nouvel objet que sur le jouet pourtant fort ancien.

Plus qu’un simple loisir, l’objet vidéoludique est devenu une partie intégrante du quotidien des enfants et des adolescents. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux chercheurs se soient interrogés sur les raisons et les conséquences de ce succès et que d’autres aient cherché à exploiter l’apport “motivationnel” inhérent au jeu vidéo et ce, plus particulièrement en sciences de l’éducation.
Mais comment mettre en place une « pédagogie vidéoludique » dans sa classe ? Comment articuler l’utilisation du jeu vidéo dans le contexte des autres apprentissages, de l’organisation de la classe et des programmes ?

Bloxels / Minecraft ?

Bloxels est une application associée à un plateau de jeu qui vous permettra de créer des jeux vidéos à l’aide de cubes.
Il est possible de créer l’intégralité du jeu (terrain, personnages, éléments de décor) et de leur attribuer des spécificités.
A noter que le plateau de jeu n’est pas indispensable pour démarrer sur Bloxels.
L’application est téléchargeable sur Android et sur Ios.

Minecraft est un jeu vidéo qui possède de nombreuses similitudes avec les Lego et qui pourrait presque correspondre à son versant numérique. Alors qu’avec les Lego, les utilisateurs peuvent déplacer des cubes, produire et reproduire des constructions en tous genres, ils peuvent faire de même avec Minecraft, mais cette fois-ci dans un univers virtuel, constitué de cubes pixélisés et où tout objet ou composant sera sous cette forme. Ce jeu stimule la motivation des utilisateurs qui, dans le mode créatif, améliorent leurs compétences en résolution de problèmes.
Il représente une opportunité unique pour les joueurs de se montrer créatifs et de comprendre des concepts plus aisément réalisables d’une manière virtuelle que dans la vie réelle.

Quels usages dans ma classe ?

Minecraft :
L’utilisation du jeu Minecraft a un impact direct sur la motivation des élèves, comme l’illustre le fait que ceux-ci préféraient rester en classe afin d’avancer dans le projet au lieu d’aller en récréation et ce y compris pour les étapes de préparation hors jeu.
Le stimulus « jeu vidéo Minecraft » a produit une réaction positive et a permis de maintenir un engagement fort dans les tâches proposées et une motivation continue pour les projets Minecraft malgré la quantité importante de travail nécessaire avant le passage dans le jeu. Le fort engagement des élèves dans les tâches proposées, de par leur « immersion » forte dans le jeu, me semble être un facilitateur d’apprentissages
Mon projet s’est déroulé sur l’année entière et fut composé de trois grandes étapes.
La première fut la prise en main du jeu et l’apprentissage du travail collaboratif. Pour ce faire, les enfants ont reproduit par groupe de 4 des bâtiments remarquables de Bruxelles centre (notre quartier). Après observation de ces derniers et l’étude de leur plan déjà pixelisé, ils ont pu les construire dans le jeu. Ils ont dû apprendre à se répartir les tâches, à communiquer, à s’organiser et à utiliser le jeu. L’apprentissage par les pairs fut très présent lors de cette étape.
L’étape suivante fut la construction de notre classe. Mais cette fois, ils ont eux-mêmes créé le plan et choisi l’échelle.
Et la dernière étape fut la construction de notre école complète. Les enfants ont fait preuve de beaucoup d’autonomie durant cette étape. Chaque équipe s’occupant d’une partie du projet. Ils ont mesuré tous les locaux et créé leur plan « pixelisé » sur un panneau quadrillé. Le tout à l’échelle bien sûr.
En parallèle du projet virtuel, la maquette de la classe et de l’école fut également construite.

Bloxels :
Créer un jeu vidéo permet l’expérimentation dans un processus d’apprentissage. Les élèves sont amenés à résoudre des problèmes dans un contexte.
Les élèves ont pu aborder les points de matière suivants : le conte, le schéma narratif, le texte descriptif, le texte injonctif, l’aire, les pourcentages et les longueurs.
Ils ont pu créer par groupe de 4 un conte détourné en utilisant une application permettant l’écriture collaborative, écrire la règle de leur jeu et la description de leurs personnages suite à l’étude de modes d’emploi d’anciens jeux vidéo. Ils ont également mis sur pied une exposition en Pixel Art afin de présenter leurs personnages à l’ensemble de l’école et aux parents, ce qui a nécessité le calcul de l’aire occupée par ceux-ci afin de trouver l’endroit adéquat dans l’école. Lors de la création de leurs ennemis, ils ont dû leur attribuer un cerveau « des aptitudes » et les notions de pourcentages et de fractions ont donc été abordées.

Les plus-values d’une telle pédagogie sont une motivation et une créativité accrues dues au médium jeu vidéo, la possibilité de développer une infinité de possibles narratifs, le travail collaboratif et l’utilisation des nouvelles technologies.

 

 

 

 

 

 

Par Dejas Jessica, Experte Tribu-Tic

Institutrice, Formatrice.
https://www.facebook.com/Edulutic/

edulutic@outlook.be

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