Faire diversion face à une moquerie

Lorsqu’un jeune reçoit une critique ou une moquerie de la part d’un de ses pairs, il peut décider de faire diversion. La diversion a pour intérêt de :

  • Ne pas répondre quand aucune réplique n’émerge.
  • Gagner du temps avant de répondre.
  • Stopper une agressivité naissante ou une tension importante, en montrant qu’il n’y a aucune contre-attaque.
  • Reprendre la main pour décider des sujets à discuter.
  • Montrer clairement le souhait de ne pas répondre au 1er degré à la moquerie.
  • Refuser de réagir à une moquerie qui n’a ni queue ni tête ou qui est absurde.
  • Ne donner aucune prise au moqueur.
  • Surprendre le moqueur, voire le faire rire.

 

Prenons l’exemple de cette ado qui dit à un jeune : « T’es vraiment trop débile ! »

Voici 5 techniques qui permettent au moqué de faire diversion :

  • Mine de rien: ignorer consciemment, par exemple en répondant à un message, en se mouchant, en regardant ailleurs, en tapant sur l’épaule de la moqueuse avec un sourire…
  • Switch: changer de sujet, en parlant de la météo.
  • Cabriole: répondre par l’absurde, en détournant de son sens un élément de la moquerie (ex. « A propos de ‘débile’, t’as entendu ce qu’elle a dit la prof hier ? »
  • Faux con: jouer au con en faisant semblant de ne pas comprendre la moquerie (ex. « Des biles ? C’est quoi, ‘des biles’ ? Comprends pas … »).
  • Oufti !: adopter une attitude décalée, par exemple en imitant un débile profond qui bave en parlant.

Quelques points de vigilance toutefois :

  • S’il change de sujet, le moqué est attentif à ne pas évoquer des éléments en lien avec la moquerie, à ne pas se justifier ni à adresser des reproches (clairs ou ironiques) au moqueur. Pour faire diversion, il doit parler de tout à fait autre chose, qui n’a rien à voir avec la vanne, ni de près ni de loin.
  • Ignorer n’est pas synonyme de fuir lâchement. Il s’agit de fuir dans le sens noble du terme, de laisser tomber, de ne pas accorder de crédit à la vanne. Faire diversion, c’est donc adopter une position basse stratégique. Si son interlocuteur semble le croire vraiment idiot ou faire mine de le croire, le moqué peut ajouter un léger sourire ou un clin d’œil entendu.
  • Face aux moqueurs qui ne comprennent pas le second degré, d’autres stratégies plus explicites sont à privilégier.
  • Pour être efficace, la diversion doit être assumée par le moqué, qui joue le jeu à fond, même s’il est vu ou se voit comme ridicule.
  • Pour que le message « Je ne suis pas touché par ta moquerie et je n’y réponds pas » soit clairement compris, il est essentiel de faire preuve d’une attitude corporelle cool et ancrée, plutôt que peureuse et impuissante.

Christelle Lacour

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