Les copions

Publié par Marc Charlier
Niveau
Secondaire
Cours
Sciences - Physique
Année
Secondaire – sixième année

Les copions

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Type
Méthodologie
Description

Transformer une tricherie en activité valorisante
Des copions officiels ?

Les profs doivent-ils travailler en solitaires ?

En dehors des conseils de classe où les situations des élèves sont surtout évoquées d’un point de vue scolaire, il ne reste que les contacts fortuits, recherchés par les uns ou fuis par d’autres par exemple dans la salle des profs. Ce n’est que là qu’on peut apprendre par exemple que la maman du petit Alfred est hospitalisée ce qui explique ses problèmes scolaires…

De même en dehors des conférences très souvent intéressantes lors des « congrès des sciences » auxquels j’assistais un des apports précieux consistait en discussions informelles, souvent autour d’un bon verre, où les questions les plus courantes étaient : « et toi comme fais-tu comprendre telle partie difficile ou comment fais-tu pour réaliser telle expérience ? ». Lors de ces réunions, durant les vacances, tous les participants et les organisateurs étaient bénévoles, les divers réseaux d’enseignement intervenant dans les frais. J’en garde d’excellents souvenirs festifs et professionnels. Je me souviens aussi de cette discussion bien arrosée pendant laquelle un soir à Louvain-la-Neuve apparut au loin dans le noir un short blanc qui courait tout seul, il s’approcha : c’était un étudiant africain qui faisait son jogging !

Lors des grèves de 1990 les enseignants, tous réseaux confondus et tous niveaux mélangés se sont souvent réunis spontanément pour discuter métier. C’est ainsi que j’ai pris conscience du rôle primordial de mes collègues de maternelle et primaire qui éveillent et développent de manière fondamentale les aptitudes des enfants. Je comprenais que même si la Physique n’est pas toujours facile à expliquer mon job était moins dur que le leur et peut-être moins déterminant pour l’avenir de mes élèves.

De discussions en réunions, les coordinations d’enseignants invitèrent leurs collègues aux « assises de l’Enseignement ». Il en sortit un bon document qui fut remis aux autorités, tout le monde sait combien il n’en fut pas tenu compte mais si je ne devais garder qu’une seule des propositions faites ce serait celle d’instaurer des espaces de concertation entre les enseignants intégrés dans leur charge.

C’est lors d’une de ces réunions que jaillit l’idée des copions officiels.

Tout le monde connaît le système : copions en Belgique , anti-sèches en France…J’ai traqué de mon mieux les fraudeurs : cahiers ouverts dans le banc, aide-mémoire microscopique ( j’en ai choppé un collé sur la cadran d’une montre !), résumés que les filles écrivaient sur leurs cuisses (je n’allais quand même pas soulever leur jupe !), papier rédigé en arabe passé au voisin ( quand j’enseignais en Algérie) que je ne pouvais pas déchiffrer… L’imagination des potaches est prolifique !

En discutant entre-nous germa par exemple l’idée de dépénaliser le copion.

Je l’appliquai comme suit : les élèves étaient autorisés à utiliser un aide-mémoire au nombre de caractères limité et fixé par concertation en classe.
La rédaction de tels documents exigeait un sérieux effort de synthèse si bien qu’en l’élaborant les élèves connaissaient leur cours tandis qu’il diminuait pour eux l’anxiété du « trou de mémoire ». Avant l’épreuve ce papier était le seul document écrit autorisé sur le banc et cela marchait !

Sic transit gloria magistrorum !

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