Cette séquence de deux périodes a été construite pour une classe de cinquième secondaire, dans le cadre du cours d'informatique et en lien avec l'éducation aux médias. Le point de départ est très concret : mes élèves partagent chaque semaine des visuels vus sur les réseaux sociaux, et ils ne savent plus dire lesquels ont été photographiés et lesquels ont été fabriqués par une machine. L'objectif n'est donc pas de diaboliser la technologie, mais d'outiller les jeunes pour qu'ils gardent un regard critique et qu'ils comprennent comment une image synthétique est produite.
Première période. J'affiche six visuels au tableau : trois photographies de presse et trois images produites par un modèle de diffusion. Les élèves travaillent par binômes et remplissent une grille en quatre colonnes : indices visuels (mains, dents, textes dans l'image, reflets, arrière-plans répétitifs), cohérence physique de la lumière, plausibilité du contexte, et enfin traces techniques (métadonnées, filigrane, source). Le débriefing est toujours le même moment fort : la classe se rend compte que le seul examen de l'image ne suffit pas et qu'il faut remonter à la source. Nous introduisons alors la démarche de vérification en trois gestes : chercher l'origine, chercher une autre occurrence de la même image, chercher qui en parle.
Deuxième période, en salle informatique. Les élèves passent de l'analyse à la fabrication, parce qu'on comprend mieux un procédé quand on l'a pratiqué. Chaque binôme rédige un prompt structuré (sujet, style, cadrage, lumière, format), génère deux ou trois variantes, puis compare le résultat obtenu avec l'intention de départ. Ils notent ce que la machine invente, ce qu'elle refuse, ce qu'elle stéréotype. Cette étape ouvre naturellement le volet éthique et juridique : droit à l'image, biais des jeux de données, mention obligatoire du caractère synthétique, respect du RGPD lorsqu'on travaille avec des visages. Pour la démonstration en classe, j'utilise un outil accessible depuis le navigateur, sans installation :
générateur d'images par IA SoraLum
Prolongements et évaluation. Les binômes produisent une affiche A3 qui présente, côte à côte, une image générée et la grille d'indices qui permet de la reconnaître. L'évaluation porte sur trois critères : la qualité de l'argumentation critique, la précision du vocabulaire technique (prompt, modèle, jeu de données, filigrane) et la rigueur des sources citées. En pratique, la séquence fonctionne très bien avec des groupes hétérogènes, car chacun peut entrer par l'observation avant d'entrer par la technique. Le fichier joint contient la grille d'analyse, les consignes élèves, la liste des questions de débat et la grille d'évaluation. N'hésitez pas à l'adapter à votre cours de français, de sciences sociales ou de philosophie et citoyenneté : les documents sont volontairement neutres et modifiables. Bon travail à toutes et à tous.