Soutien scolaire

Compétition ou coopération dans les apprentissages?

Article publié sur la plateforme québécoise RIRE CTREQ le 17 juillet 2017.


Plusieurs observateurs de notre société notent une survalorisation de la compétition entre les individus. Le milieu scolaire n’échappe pas à cet esprit de compétition et certains élèves en subissent les conséquences : augmentation du stress, surcharge de travail scolaire, climat de tension entre pairs.

Faut-il, pour favoriser leur apprentissage, mettre les enfants en compétition ou, au contraire, les faire coopérer? "

Pour répondre à cette question, Bénédicte Loriers a procédé, pour l’Union des fédérations des associations de parents de l’enseignement catholique (UFAPEC), à une revue critique de la littérature scientifique sur le sujet, dans un texte intitulé "Compétition ou coopération dans les apprentissages?" L’auteure y traite entre autres des différences entre l’apprentissage coopératif et compétitif, en plus de faire un portrait des avantages et des inconvénients de la compétitivité en milieu scolaire.


Amener les élèves à coopérer ou à compétitionner?

Loriers définit l’apprentissage compétitif comme « une recherche simultanée par plusieurs personnes d’un même avantage ou d’un même résultat », alors qu’elle dit de l’apprentissage coopératif qu’il consiste à faire travailler des groupes d’élèves ensemble pour atteindre un même but.

L’auteure note que la majorité des chercheurs considèrent qu’il vaut mieux privilégier la coopération à la compétition dans le processus d’apprentissage. En effet, la coopération offre plusieurs avantages, notamment d’améliorer l’estime de soi, le sentiment de compétence, la motivation à apprendre, la complexité du raisonnement, les résultats scolaires et le transfert de compétences et de connaissances. L’apprentissage coopératif renforce aussi les relations entre les élèves et l’enseignant. Les chercheurs enregistrent en outre une augmentation sensible de l’appréciation réciproque et une meilleure intégration des élèves, en plus d’une baisse du racisme, du sexisme, de la délinquance et de la violence.

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À l’opposé, les résultats des recherches compilées montrent que des pratiques pédagogiques axées sur la compétition instaurent des inégalités entre les élèves et nuisent aux relations dans la classe et au sentiment d’appartenance à l’école. La motivation, l’absentéisme, les comportements conflictuels et le rejet sont aussi affectés négativement par une approche compétitive de l’apprentissage.


La compétition saine : un atout ?

Bien qu’elle présente certains risques, la compétition en milieu scolaire n’est pas à éviter à tout prix. Pour les enfants, la compétition et la comparaison sont nécessaires à l’apprentissage des compétences sociales. En effet, c’est en se comparant à ses pairs que l’élève apprend les normes, les valeurs et les comportements positifs et négatifs à intérioriser. La compétition est aussi nécessaire pour développer une meilleure connaissance de soi.

D’ailleurs, il ne faudrait pas penser que la compétition exclut la coopération, comme si la première était nécessairement malsaine.

Les élèves plus âgés peuvent aussi bénéficier de la présence de la compétition en classe, si et seulement si elle est intégrée sainement. À vrai dire, plusieurs chercheurs montrent l’importance de cet outil pour stimuler la motivation et l’envie d’apprendre, ainsi que pour mettre l’élève en contact avec le genre de compétition qu’il vivra sur le marché du travail.

La compétition par le jeu, sans conséquence dans la réalité, est suggérée par Loriers pour susciter la motivation des élèves. L’auteure encourage aussi les enseignants à créer des situations où la compétition s’exerce envers soi-même ou entre des équipes, de façon à la rendre plus supportable pour les élèves.


Bref, la coopération est à privilégier, mais un minimum de compétition s’avère nécessaire. Comme l’écrit Loriers : « On a besoin de connaître des échecs pour mieux se relever, pour se motiver à faire mieux la prochaine fois, pour trouver l’énergie nécessaire au dépassement de soi. »



Référence :

Loriers, B. 2010. Compétition ou coopération dans les apprentissages? UFAPEC. Consulté en ligne sur le site : http://www.ufapec.be/files/files/analyses/2010/06-competition.pdf

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