CEB ROCHDUR

Quels choix pour nos jeunes en fin d’enseignement obligatoire ?

Chargée de mission en orientation au Pôle académique de Bruxelles mais également coordinatrice d’un service d’aide à la réussite dans une Haute Ecole, je rencontre chaque jour des jeunes de 18 à 21 ans en mal d’études. Bon nombre d’entre eux ne se sentent pas à leur place dans le cursus qu’ils ont choisi ou rencontrent des difficultés d’apprentissage n’ayant pas les compétences de base attendues à l’entrée de l’enseignement supérieur. Les derniers chiffres attestent de cet état de fait. En effet, plus de 60% des étudiants 1ère génération abandonnent ou sont en situation d’échec à la fin de leur première année dans l’enseignement supérieur1.

Se poser les bonnes questions

L’orientation en fin d’enseignement obligatoire est une question fondamentale pour nos jeunes. Leur CESS en main, ils ne sont encore que de grands adolescents et n’ont pas nécessairement de projets de vie bien précis. La question est donc de savoir ce qu’ils ont envie de faire et pourquoi. De nombreuses pistes peuvent alors être explorées : Ils peuvent décider d’arrêter les études et d’aller travailler, de prendre une année sabbatique, de s’engager dans un service citoyen ou encore d’entamer des études supérieures ou une formation professionnelle.

Si ces différents projets méritent d’être réfléchis et préparés, le choix d’entamer des études supérieures est un acte important pour nos jeunes. Ce choix comporte un changement de mentalité et d’attitude. Ils passent du statut d’élève au statut d’étudiant et devront être à la fois motivés mais également outillés pour répondre aux exigences propres à l’enseignement supérieur. Ils vont devoir s’engager dans leurs études, devenir autonomes et acquérir un certain nombre de compétences qui leur permettront de devenir des adultes responsables dans un monde en transition.

Les défis de l’orientation

Soutenir nos jeunes dans leur choix d’études n’est pas non plus une chose aisée à faire. Le pacte d’excellence prévoit que le jeune doit être soutenu dans ses réflexions quant à son avenir2 . Pour ce faire, il faudra investir dans la formation des enseignants de manière à les outiller davantage afin de pouvoir encadrer les jeunes avec bienveillance et positivisme.

L’offre d’enseignement supérieur est très vaste en FWB. Nous comptons plus de 900 formations rien qu’à Bruxelles qui sont dispensées par les quatre types d’enseignement : les universités, les Hautes Ecoles, les Ecoles des Arts et les Ecoles de Promotion Sociale. Certains de ces établissements organisent un enseignement de type long, d’autres un enseignement de type court et pour les Ecoles des Arts, la médecine, la dentisterie et les études d’ingénieur, il y a un examen d’entrée ou un concours qui est exigé….Bref, il y a de quoi y perdre son latin ! Tout cela sans compter les changements dans le cadre de la « réforme du Décret paysage3  » entrés en vigueur à la rentrée 2022.

Il ne s’agit que des premiers éléments à prendre en compte si l’on souhaite encadrer nos jeunes dans leurs réflexions. Par la suite, il y a également lieu d’investir les programmes de cours afin de les décoder, d’évaluer leur importance et ce que pourrait cacher certains intitulés de cours peu explicites.

Le plus délicat dans l’encadrement que nous pouvons apporter à nos jeunes reste toutefois de les soutenir ou de les guider dans leur réflexion personnelle quant à leurs envies, leurs projets mais également leurs compétences ou leurs passions. Que ce soit en termes de métier, de projet de vie ou quelles que soient ses motivations, le jeune doit être conscient des raisons pour lesquelles il décide de s’inscrire dans une formation. Il doit avoir fait un choix réfléchi et documenté au moment de son inscription dans l’enseignement supérieur.

Il ne s’agit pas de le décourager ou au contraire de le pousser dans une formation spécifique mais bien de le guider dans sa réflexion. Peut-être est-il, par exemple, en TQ comptabilité, ce n’est pas une raison pour qu’il choisisse automatiquement une formation en comptabilité. Est-il excellent en mathématiques ? Pourquoi devrait-il devenir ingénieur ? Il est peut-être passionné par une autre discipline dans laquelle il s’épanouira pleinement.

Des services sont là pour les aider !

Le sujet est vaste et complexe mais différents outils et services existent pour soutenir les jeunes et les encadrants dans cette mission délicate mais tellement importante. A titre d’exemples, outre les différents salons SIEP bien connus de tous, la Cité des métiers de Bruxelles4 organise des ateliers sur le sujet ou encore reçoit les jeunes en entretien individuel tout comme Infor jeunes par exemple5 . Le Pôle académique de Bruxelles met gratuitement à la disposition des élèves du 3 ème degré de l’enseignement obligatoire un « Guide au(x) choix d’études »6 accompagné d’un dossier pédagogique pour les enseignants. Des formations IFPC7 sont également organisées à destination des enseignants et des agents des centres PMS ainsi que des soirées destinées aux parents et à leurs jeunes.

Un défi à relever ?

Comme vous l’aurez compris à la lecture de ces quelques lignes, l’orientation est un vaste sujet à la fois complexe et délicat. Bien que de nombreuses actions, structures et associations se préoccupent de la problématique évoquée ci-dessus, l’orientation de nos jeunes, futurs adultes de demain est également l’affaire de tous !

[1] Étude exploratoire des obstacles à la transition universitaire selon le vécu d’étudiants français et belges (openedition.org)
[2] https://pactepourunenseignementdexcellence.cfwb.be
[3] https://www.mesetudes.be/decret-paysage/
[4] Information, conseil et orientation : une équipe de conseillers en études supérieures à la Cité des métiers de Bruxelles | Pôle Académique de Bruxelles
[5] Service Orientation Infor Jeunes Bruxelles - gratuit ! (ijbxl.be)
[6] Un Guide au(x) choix d’études pour les élèves du secondaire | Pôle Académique de Bruxelles (poleacabruxelles.be)
[7] « L’enseignement supérieur cet inconnu : quels outils pour accompagner nos jeunes dans leurs futurs choix », 15 mai 2023 : Institut interréseaux de la Formation professionnelle (cfwb.be)



Consentement d'utilisation des Cookies

J'accepte Je refuse Notre site sauvegarde des traceurs textes (cookies) sur votre appareil afin de vous garantir de meilleurs contenus et à des fins de collectes statistiques.Vous pouvez désactiver l'usage des cookies en changeant les paramètres de votre navigateur. En poursuivant votre navigation sur notre site sans changer vos paramètres de navigateur vous nous accordez la permission de conserver des informations sur votre appareil.