CEB ROCHDUR

Temps de lecture : 7 min.

Par Sophie LEBRUN pour le magazine SYMBIOSES, 135, 2022.

Des écoles accueillent en leur sein des animaux. Un projet positif dès lors qu’il vise tant l’épanouissement des animaux que celui des enfants. Exemples à Huy et à Grand-Halleux.

Depuis trois ans, l’école Saint-Louis de Huy compte deux pensionnaires un peu particulières deux poules. Ce sont essentiellement les élèves de maternelle et de 1e et 2e primaire qui s’occupent de Mumu et Jiji : ils leur rendent visite, les nourrissent, nettoient le poulailler et remettent de la paille, ramassent les œufs... Ce contact régulier avec des animaux présente de nombreux atouts, témoigne Virginie Abeels, l’institutrice qui coordonne le poulailler – installé dans le cadre d’un projet Ose le Vert, recrée ta cour. « Il nourrit des apprentissages (développement de l’animal, cycle de vie…), favorise le lien avec la nature et le vivant, l’entraide au sein de la classe, la responsabilisation des enfants, le respect... Ils apprennent à approcher calmement les animaux, et à tenir compte de leur caractère propre et de leurs réactions (untel n’aime pas être caressé, alors qu’un autre est en demande, etc.) »

Même son de cloche à l’école Saint-Laurent de Grand-Halleux (Vielsalm), qui a aménagé dans son jardin une « micro-ferme » accueillant quelques poules, chèvres et lapins. « En prenant soin des animaux, les enfants réalisent que chacun est unique et qu’on a des devoirs envers eux, ils sont responsabilisés, indique Nathalie Monami, institutrice maternelle. Ce respect du vivant se prolonge lors de nos sorties dans les bois, où l’on croise des insectes, des escargots… » Entre autres bienfaits, le contact avec les animaux renforce la confiance en soi et la sociabilité, constate l’enseignante, « et les tout-petits qui vivent un peu plus difficilement l’entrée en maternelle y trouvent du réconfort ».

Par ailleurs, à Grand-Halleux comme à Huy, les enfants prennent plaisir à cuisiner les œufs pondus par les poules. Ils savent aussi qu’elles participent à la réduction des déchets, en consommant une partie des restes alimentaires.

Des besoins physiologiques… et émotionnels 

Le contact avec des animaux à l’école peut être très positif « dès lors que les élèves et enseignants se préoccupent des animaux pour eux-mêmes, visent leur épanouissement », explique Jean Gaultier, éducateur chez Gaia Education, association de sensibilisation au bien-être animal. Et un cadre épanouissant, pour un lapin par exemple, « ce n’est pas de vivre dans une cage au milieu d’une classe (un environnement bruyant). C’est un animal très sensible au stress. » Autre exemple : les poules ont besoin de perchoirs, elles n’aiment pas les terrains nus. Mais encore ? Lapins, poules, chèvres et moutons sont des animaux grégaires, ils ont besoin de la compagnie de congénères. « Au-delà des besoins physiologiques des animaux, il ne faut pas négliger leurs besoins relationnels et émotionnels, souligne Jean Gaultier. Les enfants et les enseignants doivent prendre conscience que les animaux sont des êtres sensibles et intelligents. Et qu’ils ne sont pas juste là pour rendre service aux humains. »

Par ailleurs, accueillir des animaux est un projet à long terme, et continu. Quand viennent les congés et que l’école est désertée, il faut s’organiser. A Saint-Laurent, des parents et enfants viennent alors, tour à tour, s’occuper des animaux. A Huy, Mumu et Jiji passent les vacances chez une institutrice qui possède un poulailler.

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Petites bêtes : qui s’y frotte les aime

Et les insectes, les araignées et les vers de terre dans tout ça ? Des animaux fascinants ! Pourquoi ne pas s’y frotter en maternelle, à l’âge où les a priori et les peurs ne sont pas encore ancrés et où la capacité d’émerveillement est grande ?

Diverses approches sont possibles. 

Les observer dans la nature. Les repérer (au sol, dans une souche…), analyser leur milieu de vie, les contempler de près avec une boîte-loupe, les classer (nombre de pattes, mode déplacement…) à l’aide d’agrandissements photos. 


Admirer leur développement en classe. Par exemple, l’asbl Adalia 2.0 propose des kits d’élevage (vivarium et larves) de papillons ou coccinelles, à libérer une fois adultes. Ou simplement s’intéresser à l’araignée qui a tissé sa toile dans un coin.

Découvrez 20 activités sur les insectes. ;-)
Les « apprivoiser » par le biais d’une marionnette qui raconte son histoire et ses spécificités. Ou se mettre dans la peau de l’insecte, costume et jeu à l’appui, pour comprendre par exemple la pollinisation.

Mais encore : leur construire un refuge, les dessiner ou les modeler, les découvrir sous toutes leurs facettes dans un musée.

Ou via un jeu, un livre ou un film... Des idées sur www.reseau-idee.be/fr/outils-pedagogiques .


Sophie LEBRUN, SYMBIOSES, 135, 2022.



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